En 1944, La Bresse est détruite à 80% lors des combats de la Libération dans les Hautes-Vosges : bombardements, évacuation forcée de la population et incendies transforment le village en un champ de ruines. Il est ensuite entièrement reconstruit entre 1945 et 1959, avec un urbanisme et une architecture propres à cette période, encore largement visibles aujourd’hui. Voici ce que documentent la mairie et l’office de tourisme sur cette page de l’histoire bressaude, et où en observer les traces lors d’un séjour.
Un village plusieurs fois reconstruit depuis le Moyen Âge
L’histoire de La Bresse remonte au VIIe siècle, quand des moines circulant entre Munster et Remiremont s’installent sur ce territoire alors utilisé comme réserve de chasse par des seigneurs francs. La communauté bressaude se dote ensuite de sa propre administration et de sa propre justice, une autonomie qui perdure jusqu’à la Révolution française et l’abolition des privilèges féodaux.
Le village se développe surtout après 1830, grâce à l’exploitation d’une forêt communale de 3000 hectares, de carrières de granit et d’une industrie textile installée le long des chutes d’eau. À partir de 1905, la production hydroélectrique à partir de l’eau des lacs donne un nouvel élan à cette économie locale. Le tourisme, notamment les sports d’hiver, ne se développe qu’à partir des années 1960, soit après la période qui nous intéresse ici.
Selon la mairie de La Bresse, la destruction de 1944 constitue la quatrième destruction quasi totale du village en cinq siècles. Cette histoire, marquée par les destructions et les reconstructions successives, explique en partie pourquoi il reste peu d’éléments architecturaux antérieurs à la Seconde Guerre mondiale dans le centre du village.
Automne 1944 : le village rayé de la carte
La Bresse se situe sur la ligne des combats qui opposent troupes allemandes et forces alliées, appuyées par les maquis vosgiens, lors de la Libération des Hautes-Vosges. La mairie résume ainsi ce que la commune a enduré : ville détruite à 80%, 4000 personnes évacuées puis réfugiées sur une population de 5000 habitants, et 800 immeubles détruits.
Cette période est aussi celle des combats commémorés aujourd’hui sur les hauteurs du village, au Maquis de la Brayotte, et au Monument des Combes, où 27 maquisards tombés lors des affrontements de septembre 1944 sont commémorés, selon l’office de tourisme. Ces sites de mémoire, distincts du village lui-même, racontent le versant militaire de cette même séquence historique, quand le massif de la Brayotte et les environs de La Bresse concentrent les combats de la Résistance vosgienne.
1945-1959 : la reconstruction et l’urbanisme moderne
La reconstruction du village s’étale de 1945 à 1959. L’urbaniste Émile Deschler conçoit le plan du nouveau centre-ville ainsi que plusieurs bâtiments, tandis que de nombreux autres architectes interviennent sur la reconstruction des fermes et des maisons individuelles dans les écarts.
L’architecture de cette période, décrite par la mairie, se reconnaît à plusieurs traits : immeubles d’angle et fronts de rue continus, bandeaux, linteaux et toitures harmonisés, symétrie et lignes épurées, soubassements en granit associés à des encadrements de fenêtres en ciment, entrées travaillées avec des auvents en béton en saillie. Ces constructions apportent aussi un confort nouveau pour l’époque : grandes fenêtres, pièces plus petites, eau courante.
Cette architecture de la Reconstruction, parfois jugée sans grand caractère individuel selon la mairie elle-même, reste un témoignage de la modernité et de la capacité de résilience du village au XXe siècle. Elle forme aujourd’hui l’essentiel du bâti visible dans le centre de La Bresse.
Voir cette histoire aujourd’hui
En marchant dans le centre du village, les fronts de rue continus, les soubassements en granit et les entrées à auvent racontent directement cette reconstruction d’après-guerre, sans qu’il soit nécessaire d’entrer dans un musée. Pour prolonger la visite avec d’autres lieux liés à cette période et aux siècles précédents, le guide patrimoine et histoire autour de La Bresse recense l’église Saint-Laurent, les lieux de mémoire de la Résistance et les sites voisins comme le Musée du Textile de Ventron ou les Hautes-Mynes du Thillot.
Pour qui séjourne plusieurs jours, cette page d’histoire se combine facilement avec les activités de plein air du village : un après-midi d’accrobranche en forêt vosgienne complète bien une matinée consacrée aux lieux de mémoire, sans surcharger le programme.
Organiser sa venue
Pour préparer un séjour centré sur ce patrimoine, les guides d’accès détaillent les trajets selon le point de départ : depuis Paris, depuis la Belgique ou depuis l’Allemagne. Pour aller plus loin sur les faits, chiffres et dates précises, la mairie de La Bresse renvoie aux archives des bulletins municipaux “La Bresse Infos”, qui conservent une documentation plus détaillée sur cette période.
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Questions fréquentes
Pourquoi La Bresse a-t-elle été détruite en 1944 ?
Le village se trouve sur la ligne des combats de la Libération dans le massif vosgien à l'automne 1944. Selon la mairie de La Bresse, la commune a été détruite à 80%, avec 800 immeubles perdus et 4000 habitants évacués ou réfugiés sur une population de 5000 personnes.
Combien de bâtiments ont été détruits à La Bresse en 1944 ?
La mairie de La Bresse recense 800 immeubles détruits sur la commune. Il s'agissait, selon la même source, de la quatrième destruction quasi totale du village en cinq siècles.
Comment le centre-ville actuel de La Bresse a-t-il été reconstruit ?
La reconstruction s'est étalée de 1945 à 1959. L'urbaniste Émile Deschler a dessiné le plan du nouveau centre-ville et plusieurs bâtiments, dans un style caractéristique : fronts de rue continus, bandeaux et linteaux harmonisés, soubassements en granit et grandes fenêtres apportant plus de confort et de lumière.